→ Pour le climat, Grève de l’économie !

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Si le dérèglement climatique est bien issu d’une « organisation sociale »,

alors sa défense mérite une grève de l’économie !

Pour les organisations syndicales, la grève, c’est le dernier recours après que tous les autres modes d’action aient échoués. Cela n’est-il pas le cas dans le domaine du
climat ? L’échec annoncé de la COP21 nous incite à penser que oui. Et ce n’est pas le MEDEF qui nous contredira : dans un manifeste récent sous-titré « Opportunité – Responsabilité – Compétitivité, le plumitif chargé du Développement Durable » déclare : “C’est en permettant à son industrie de lutter à armes égales dans la compétition mondiale que l’Europe servira le mieux la cause de la lutte contre le changement climatique”. Voilà l’avenir que nous proposent les “décideurs” : utiliser le dérèglement climatique pour dérégler encore plus, jusqu’à la catastrophe finale. Oui, l’économie est en guerre contre l’écologie, contre la vie, et nous savons bien qu’aucune solution graduelle ne pourra régler le problème. Pas plus que les fausses solutions comme les agrocarburants, l’utilisation industrielle de la biomasse, les hydrocarbures non conventionnels, la capture et le stockage du carbone, le charbon “propre” et les délires de la géo-ingénierie, et bien entendu pas plus que le nucléaire, qui ne peut en aucune façon être un recours contre le réchauffement global.

Aujourd’hui, le temps n’est plus aux négociations, mais à la lutte

C’est donc bien le système économique qui est responsable du dérèglement climatique. C’est donc bien l’économie capitaliste, basée sur le cycle infernal extraction / production / distribution / consommation / déchets, qui marchandise tous les aspects de la vie, jusqu’à tenter de marchandiser le climat lui-même.

D’où la nécessité d’arrêter le massacre. D’où la nécessité de la grève.

Quand on utilise le mot grève, la majorité des gens pensent immédiatement arrêts de travail dans le secteur dit productif ou dans le secteur public, principalement à l’appel et sous la direction des organisations syndicales. Ceci est une manière très restrictive de voir les choses.
En effet dans nos activités, productives ou non, dans notre vie quotidienne, nous utilisons des techniques, des objets, des biens qui nécessitent plus ou moins d’énergie, nous sommes donc acteurs du dérèglement climatique ; acteurs collectifs car impliqués dans une organisation sociale : le capitalisme productiviste et consumériste.

Dans les lieux de formation, d’éducation c’est le contenu des savoirs et des apprentissages que nous devons interroger, par un regard critique sur les techniques, et les enseignements.

Notre conception de la grève est donc plus large. Elle est plus à chercher du côté de ce qu’on appelle la grève politique, une grève qui a pour objet non pas d’obtenir la satisfaction de revendications professionnelles, mais bien d’affirmer une opposition et un projet politique alternatif. En ce sens, la grève politique a tendance à devenir grève générale. En France, la grève générale de mai 68 et dans une moindre mesure la grève de décembre 95 étaient des grèves politiques, puisque leurs revendications visaient à un changement de société.

Pour autant, nous ne proposons pas une grève sans revendications, mais celles-ci ne visent pas à une “amélioration” de la situation de telles ou telles catégories sociales, ni de l’ensemble du système.
Il ne s’agit pas de négocier au moment de la COP, pour obtenir un “accord” illusoire, mais d’avancer des revendications dans le cadre de l’élaboration d’un programme alternatif, visant à en finir avec le système en remettant en cause ses fondamentaux et en proposant des alternatives à :

  • L’exploitation de la nature et des ressources : par la revendication du maintien des fossiles dans le sol, par le désinvestissement des énergies issues de ces fossiles.
  • La mondialisation, la financiarisation : par une relocalisation des productions d’énergie, de nourriture, des biens matériels indispensables au plus près des territoires, et donc le rétablissement des souverainetés alimentaires, énergétiques et bien entendu démocratiques.
  • La remise en cause du travail exploité et destructeur pour le climat : par la revendication du partage des tâches socialement utiles et d’un revenu d’existence (lié à un revenu maximum) remettant en cause la nécessité de travailler pour vivre et de vivre pour travailler.
  • L’inflation des technologies dures, destructrices de la nature et des liens sociaux : par la promotion de technologies douces et soutenables.
Les modalités de la grève

Bien sûr il faudra des arrêts de travail dans les secteurs de l’extraction, de la production, de la distribution, de la (re)production (éducation, information…). Ces arrêts de travail seront l’occasion de réunions sur les lieux de travail, de débats dans les entreprises, les services publics, les établissements scolaires, d’actions telles que blocages, arrêts de la production.
Cela ne sera pas le plus facile, tout d’abord du fait de la dureté des relations de travail dans les entreprises, d’une législation qui criminalise de plus en plus les mouvements, des positions de certaines organisations syndicales. Mais qui ne commence rien n’a rien.

Des actions de boycott de la distribution, de remise en cause de la consommation, encore une fois sous la forme de blocages, mais aussi de journées sans achat, d’actions antipub…
Des actions de blocages des centres de stockage, des transports de marchandises et voies de communication, des médias publicitaires.
Une grève de nos béquilles technologiques qui de plus en plus structurent nos vies : Pendant la COP, commençons par éteindre nos portables, nos écrans, retrouvons nous pour échanger de vive voix.
Une grève de la malbouffe : Si on réduisait notre consommation de viande ? Si on mangeait végétarien ? Si on consommait local ? Pour paraphraser Gandhi, les occasions ne manquent pas de ne nous nourrir simplement pour que simplement d’autres puissent se nourrir.

L’organisation de la grève

Loin de nous la tentation de proposer des formes d’organisation toutes prêtes. La grève de l’économie pour le climat, ça peut aller de la démarche individuelle, de la mise en pratique de la simplicité volontaire, du boycott actif et du blocage symboliques jusqu’à la généralisation des luttes. Remarquons cependant qu’à l’occasion des grèves, il se constitue très naturellement des structures autonomes, sous la forme de comités de grève, comités de lutte, d’action… C’est à cela que nous appelons.
Dès maintenant nous appelons à la création de Comités de Grève pour le Climat.
En conclusion, nous ne sommes pas naïf au point de croire qu’une grève de grande ampleur puisse se déclencher avant ou pendant la COP. Il faut un temps de préparation, et c’est à cela que nous nous consacrons maintenant, c’est à cela que nous vous appelons. Si nous n’avons rien à attendre de la COP, nous avons tout à attendre du moment de la COP. Plus les formes d’action s’inscrivant dans la logique de la grève de l’économie seront nombreuses à ce moment là, plus la remise en cause de l’économie sous sa forme actuelle prendra de la force.

La grève de l’économie ça vaut le coup qu’on s’y arrête
APPEL A IMPRIMER ET/OU TÉLÉCHARGER

Communiqué – Octobre 2015
COP 21
les Objecteurs de croissance prennent l’Initiative

Initiatives Décroissantes pour le Climat, c’est le signe de ralliement que se sont donnés les objecteurs de croissance et celles et ceux qui partagent leur projet à l’occasion des mobilisations qui auront lieu en décembre à Paris. Nous n’attendons rien de la COP et de ses fausses solutions : l’objectif officiel des 2 degrés maximum d’augmentation de la température globale étant d’ors et déjà en voie de dépassement, tout accord est de ce fait caduc avant même sa signature. Nous attendons tout du moment de la COP, en termes de conscientisation et de construction d’un mouvement mondial visant à en finir avec ce système qui détruit le climat et la vie sur terre comme il opprime les peuples.

Nous participerons au mobilisations programmées par l’ensemble de la société civile, sur la base de nos propres positions : la marche pour le Climat du 29 novembre, l’accueil des marches venant de territoires en lutte de toute l’Europe, les rassemblements qui auront lieu les 5-6 décembre à Montreuil, les actions de masse du 12 décembre.
Nous attachons une importance particulière à l’organisation de l’opposition au salon Solutions 21, vitrine des multinationales destructrices du climat et des institutions à leur service, qui se tiendra au Grand Palais, du moins si nous lui en laissons la possibilité…

Spécifiquement, nous tiendrons pendant toute la durée de la COP une permanence d’accueil, d’information et de mobilisation au local associatif La Maison Ouverte, à Montreuil (93).
Dans ce lieu, nous mettrons en place un pôle médias qui fonctionnera en continu et aura deux fonctions principales :
– accueil, lieu de travail et de diffusion pour des médias libres papier, audio-visuel, internet, concernés par la question du climat.
– production d’information sur le tas par le biais de la captation et de la diffusion en flux continu des événements qui auront lieu pendant la COP et de la diffusion régulière de spots radio et/ou vidéo vers les médias indépendants.

Enfin, conscients du fait que l’Économie ne sauvera pas le climat, mais qu’au contraire, elle est en guerre contre celui-ci, nous donneront la plus grande ampleur à notre appel à la Grève de l’Économie pour le climat et aux actions qu’elle implique, seul mode de mobilisation qui soit à la hauteur de l’enjeu face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la planète.

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mars 27th, 2015